Affichage de 1–24 sur 52 résultats

L’expressionnisme est la projection d’une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale mais aussi, plus précisément, celui de la crise sociale et spirituelle entre 1880 et 1900 en Allemagne qui passe brutalement d’un statut de pays agraire à un pays industriel. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme. Au début du xxe siècle, ce mouvement profondément ancré dans l’Europe du Nord (en particulier l’Allemagne) a poussé à l’extrême l’idée que la modernité creuse sa propre tombe et provoque son propre suicide. Dans une fascination et horreur de cette modernité, les expressionnistes souhaitent un renversement apocalyptique et une destruction du confort bourgeois, avec violence s’il le faut. Ce nihilisme des expressionnistes s’accompagne de renouveau esthétique qui les font tendre à s’émanciper du sujet, n’étant qu’un moyen de transpercer le réel et de le disséquer. Ainsi, l’expressionnisme se défait de la mimèsis aristotélicienne qui se traduisait à cette époque par le naturalisme et la peinture impressionniste

Alors que l’impressionnisme en est encore à décrire la réalité physique, l’expressionnisme allemand, lui, ne s’attache plus à une réalité violente et la soumet aux états d’âme de l’artiste. L’expressionnisme rompt aussi avec l’impressionnisme à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s’inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s’épuiser et dont les principaux représentants s’éloignent plus ou moins brutalement : Matisse, Marquet, Van Dongen, Braque, Derain, Friesz et Vlaminck. Pour autant, l’expressionnisme n’est pas vraiment un mouvement ou une école, mais davantage une réaction contre l’académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés. Le Cri, du peintre Edvard Munch, ou Les Grands chevaux bleus “Article en anglais : « Blue Horses »” de Franz Marc sont représentatifs du genre expressionniste en peinture. En musique, les symphonies de Dmitri Chostakovitch sont d’esprit expressionniste à partir de la fin des années 1920